Description générale du signe du Cancer

Traditionnellement,  le signe du cancer est représenté par un crabe. Ce signe est doublement marqué par l’EAU : d’abord parce que c’est son élément. Ensuite parce que la planète qui le gouverne est la Lune, celle qui régit les fluides liquides, l’océan et ses marées au premier chef.

Depuis que nous avons présenté les quatre éléments dans la première partie de ce livre nous savons que l’EAU symbolise les émotions. Dés ses premières années d’existence, le petit Cancer expérimente tout ce que signifie la vie émotionnelle. Plus affecté que n’importe quel autre signe par ses proches relations, (surtout avec sa mère, symbole éminemment lunaire), craintif, se sentant vulnérable le Crabe apprend très tôt à se protéger en se développant une carapace et en se repliant vers les trous de rochers inaccessibles de son moi intime. Il découvre alors que même son monde intérieur est peuplé d’êtres indésirables, impressionnables. Il se sent entouré et envahi – à l’image de la mer montante autour du mont Saint Michel - par des êtres réels ou fantasmagoriques, tous prédateurs à ses yeux. Alors, timidement et parce qu’il n’a pas le choix,  il apprend à sortir de sa coquille.  Lentement, avec le temps, il apprend à mieux se connaitre : il découvre que son monde intérieur peut aussi contenir de vraies richesses et il expérimente pas à pas ses grandes qualités d’imagination, de création, d’invention. Lentement aussi, il apprend à construire des systèmes de défense plus sophistiqué jusqu'à sembler très à l’aise dans toute relation, au point de  ressembler aux personnes des milieux sociaux qu’il fréquente, de se fondre comme un caméléon dans son environnement.

La combinaison de la planète Jupiter avec la Lune, toutes deux maîtres de ce signe, lui confère un sens aigu de la protection. A l’image de la mère qui veille sur ces enfants et qui s’assure qu’il ne leur manque rien, le Cancer est particulièrement vigilant aux besoins essentiels de ses proches.  Tout au long de sa croissance, l’enfant Cancer a appris à s’écouter, à tenir compte de ses demandes de sécurité intérieure. Adulte, il garde une trace inconsciente profonde de ces exigences et les projette sur les autres, en particulier lorsque le contexte est potentiellement menaçant.

cancer

La Lune est aussi le symbole de l’âme, cette dimension mystérieuse et inconsciente de notre psyché  qui se manifeste la nuit dans nos rêves et le jour par les émotions qui nous qui transportent (notons la déclinaison étymologique de  « âme » dans « animer »,  « émotions », « motivation »…). Le signe du Cancer dispose souvent de belles prédispositions pour comprendre les autres.  Il est doté d’un formidable flair pour les ressentir, lire à livre ouvert dans les pensées secrètes de ces interlocuteurs. Il faut dire qu’il est extraordinairement réceptif. Il a cette capacité à éprouver très rapidement de la tendresse, de l’empathique, de la compréhension devant ceux qui souffrent. S’il s’écoute, spontanément, d’un élan du cœur, il cherchera à vous aider, à vous épauler, à vous soutenir. Ses qualités d’écoute, de perspicacité, font de lui un bon psychologue.

Toutefois, quand on le connaît bien, il se montre plutôt personnel, plus vivant plus dans son propre univers qu’il ne le montre. A l’image des ressacs de l’océan, toute la dynamique du Crabe réside dans un double mouvement, une succession d’ouverture et de repli, d’extraversion et d’interversion. Timide, solitaire, vivant dans un rythme  décalé avec le milieu dans lequel il vit, il ressent également un besoin intense de découvrir le monde, de l’explorer, d’aller à sa rencontre animé d’une curiosité débordante.

Un peu comme pour le Verseau, mais pour des raisons tout à fait différentes, le Cancer manifeste souvent un caractère indépendant et éprouve un grand besoin d’autonomie.  Il doit avoir la garantie qu’il pourra exercer son activité professionnelle en restant libre de s’organiser, d’aller et venir, de se déplacer comme bon lui semble et de préférence aux quatre coins de la terre. Il possède un coté « globe trotteur » évident, et si ce n’est pas au sens propre, c’est symboliquement par son goût des expériences nouvelles.

Voici donc un caractère assez imprévisible,  forcément « lunatique », pouvant tout à tour passé d’une posture de réserve, de retrait, à une attitude chaleureuse, cordiale, accueillante. Il peut faire preuve d’une rare sympathie, du moins lorsqu’il  ne s’est  pas levé du mauvais pied. Dans ce cas, un conseil : baissez la tête dés qu’il ouvre la bouche pour éviter le missile qu’il est prêt à vous lancer. !! Quand il a envie d’être seul, laissez le tranquille, passer votre route : il a besoin de rentrer dans sa coquille pour  se ressourcer !

Le manager type Cancer.

Une des caractéristiques du Cancer en position de manager, c’est son extraordinaire besoin de mouvement.  Car pour lui l’immobilisme est un piège. Il a besoin d’aller et venir comme bon lui semble, de préférence sans en rendant compte à personne. De nature créative, il supporte difficilement les structures trop rigides, le formalisme contraignant, les cadres trop normatifs. Il tient difficilement en place, a toujours envie de bouger et si vous comptez sur sa présence assidue et constante pour le solliciter dés que vous avez besoin d’une aide,  vous risquez d’être très souvent  déçu ! La routine le fait fuir, il est aussi insaisissable que l’eau enfermée dans un poing serré.

 Pour qu’il donne le meilleur de lui, les défis qu’il doit relever doivent être « challengeant » et reposer en grande partie sur lui seul. Son esprit est toujours plein d’idées et il ne regrette qu’une chose : ne pas pouvoir les mettre toutes en œuvre !! Demander lui d’inventer une nouvelle façon de faire, d’imaginer de nouvelles solutions, de réorganiser un service. Il vous surprendra d’ingéniosité et d’originalité dans ses trouvailles. Motivé, il sait s’impliquer, prendre les choses à cœur : lorsque c’est le cas, il bosse, il bosse, il bosse …au point d’oublier son déjeuner ou de rentrer de son travail à malgré l’heure tardive, pratiquement sans s’en rendre compte. Il est capable de donner beaucoup et se montrer particulièrement serviable.

Mais l’essentiel n’est pas là. Comme nous l’avons dit plus haut, le Cancer a une âme de protecteur. Bien que les pratiques d’encadrement telles qu’on peut parfois les observer   puissent nous le faire oublier, la protection est un élément clé de management. Protéger peut prendre milles formes  (définir des règles et les respecter, afficher des valeurs et s’y conformer, donner le droit à l’erreur, s’attacher à rechercher la cohérence entre le dire et le faire, entre la politique et les pratiques,..) et comme le souligne Vincent Lenhardt ( dans « Oser la confiance ») INSEP Edition – 1997), il constitue le premier levier sur lequel un manager peut s’appuyer pour obtenir la confiance de ses collaborateurs. On ne peut conduire des projets ambitieux sans rassurer les équipes qui sont souvent au cœur du changement qu’ils impliquent. En affichant sa détermination, sa volonté d’aboutir et de faire face aux incertitudes, le manager rassure car il montre clairement le cap, il donne les repères dont les personnes ont besoin pour donner un sens à leur action et à leur engagement. A travers son concept triangulaire Protection/Permission/Puissance, l’analyse transactionnelle à mis en évidence que la pleine expression des compétences des individus et des groupes,  leur créativité et leur engagement (Puissance) nécessitait à la fois un cadre aux règles bien définies (Protection) et une attitude positive d’encouragement, de soutien (Permission).  A l’inverse, le management qui met en exergue les contraintes et les menaces de l’environnement en espérant une mobilisation de ses personnels produit davantage des attitudes négatives de repli et sape les bases de la confiance dont il a pourtant besoin.

Protéger c’est aussi sanctionner les hors jeux, les comportements hors limites du droit et du respect. Protéger, c’est aussi prévenir des risques d’accident et veiller à la santé au travail.  Protéger, c’est aussi penser à l’employabilité des salariés qui doivent maintenir leur niveau de compétences. Protéger, c’est aussi être vigilant aux salariés plus «vulnérables » : Les jeunes qui découvrent le monde du travail, les moins qualifiés, tous ceux susceptibles de souffrir de discrimination. C’est aussi et enfin, éviter de transmettre la pression qu’un manager peut subir de son propre staff.

Son système de besoins :

La sécurité.Son Moi a besoin de repères stables pour pouvoir exprimer sa grande émotivité. Sa créativité lui permet de laisser libre court à sa sensibilité.

Ses verbes favoris

Je veille, je surveille à ce que tout se passe bien. J’entretien, préserve, je conserve.

Je protège, j’aide, je soutien. J’accueil, j’intègre.

Parole à ceux qui n’ont pas apprécié de travailler avec un manager de style Cancer

«  L.C arrivait souvent tard au bureau. Clairement, il n’était pas du matin ! J’ai cru comprendre qu’il était obligé de prendre des somnifères s’il voulait dormir normalement. Une chose est sure : c’est qu’il était très soucieux de sa santé, très à l’écoute de son corps. Au moindre rhume tout le monde savait qu’il était souffrant. Et dans ces moments là, il ne fallait pas trop lui en demander. Globalement, il aimait se plaindre de tout, même de sa hiérarchie.

Pour nous, ce qui était assez terrible c’est qu’il était particulièrement froussard. Quand on rencontrait des difficultés,  il nous disait qu’on pouvait compter sur lui pour nous défendre. Mais dans les faits c’était autre chose ! Par exemple, en matière d’augmentation de salaires, à plusieurs reprises nous avons eu le sentiment d’être moins bien lotis que nos collègues des autres départements. Pourtant, il était élogieux sur les résultats de chacun d’entre nous. Mais quand arrivait la période de consolidation des demandes et que les chefs de département se réunissaient pour décider du budget,  il n’arrivait pas bien à imposer ses points de vue. Comme il avait peur de se confronter, il attendait la position du Directeur pour se caler sur son avis.

Tout cela était assez déroutant pour nous. D’abord parce qu’au sein d’une même journée, il pouvait changer d’humeur  !La moindre contrainte le décourageait. Ensuite, parce qu’entre la sympathie et le soutien qu’il nous manifestait et les actes qu’il posait,  il n’y avait pas toujours de cohérence.

J’ai fini par me demander s’il aimait le métier de manager. Surement il tirait une certaine fierté de faire partie du comité de Direction. Cela correspondait à l’image ambitieuse qu’il avait de lui-même. Il était tellement attaché aux apparences !  Mais comme on ne le voyait que très peu, qu’il n’organisait aucune réunion de service formelle et que tout se passait autour d’un café, peut-être  fuyait-il quelque chose ? Il aimait s’enfermer dans son bureau, semblait toujours débordé, et rechignait à prendre les décisions qui pourtant s’imposaient. Moi, j’avais plutôt l’impression qu’il se noyait dans un verre d’eau.

Il a commencé à perdre pied lorsqu’un nouveau Directeur a été nommé, d’un style très différent de l’ancien, plus directif, plus exigeant et plus autoritaire. Là, LC est devenu méconnaissable. Souvent absent pour maladie, démotivé et taciturne, il se trainait sa peau dans les couloirs, comme perdu. Au bout de six mois, il a été affecté à un autre service, sans responsabilité hiérarchique.